Jura, enracinés à leur terre (2017)

L’agriculture suisse ne peut nourrir que la moitié de sa population, paradoxalement, plus il y a d’habitants, moins il y a de terres cultivables sacrifiées aux routes, à l’urbanisation, etc. Chaque jour deux à trois exploitations agricoles disparaissent. La diminution des terres cultivables signifie non seulement que la souveraineté alimentaire du pays diminue, mais qu’il est toujours plus difficile de nourrir les animaux d’élevage. Chaque année près de 320’000 tonnes de céréales sont importées essentiellement d’Amérique, pour nourrir des cochons, des poules, et des vaches afin notamment de produire du fromage pour l’exportation! Et ceci sur fond de surproduction périodique. Sur le plateau suisse, la production agricole est dominée par l’agriculture industrielle, les sols sont devenus moins productifs et le recours aux engrais et aux pesticides, généralement des dérivés du pétrole, est devenu la règle. Comme le dit Paul Sautebin, un paysan du Jura : « Nous n’allons pas dans le mur, nous sommes dans le mur»!

Face à cette situation, des paysans de montagne du Jura ont adopté une manière différente de produire et de consommer, nous les avons suivis une année, ils survivent aujourd’hui avec l’aide des payements directs qui représentent plus de 80% de leur revenu. Ils ont opté pour une agriculture bio: pas de pesticide, ou d’engrais chimiques. Leurs conditions de vie sont rudes : lever à 5 heures du matin pour la traite, 365 jours sur 365, nombreux accidents et autres maladies professionnelles. Et leur avenir est sombre, marqué par la concurrence internationale, la baisse constante des prix, ainsi que les votes du parlement fédéral.

Leurs fermes seront-elles encore occupées par des paysans dans vingt ans ?

 

Réalisation : Daniel Künzi
Montage : Dejan Savic
Musique : Corinne Galland
Co. 2017 78 minutes

Pochette DVD [PDF]    Affiche A2 [PDF]

Projections:

A Fribourg le mardi 26 septembre 2017 à 20.30

A Bulle le dimanche 1 octobre à 11.00 au Prado de Bulle.

Cinéforom- Plainte contre l’Etat de Genève au Tribunal fédéral

Tribunal fédéral.

Ainsi donc le Tribunal fédéral a jugé mon recours contre l’Etat de Genève qui octroie quelques millions à Cinéforom, cette institution cinématographique ne garantit pas formellement un accès au juge en cas de refus d’une subvention. Nous contestions une loi datant de 2013 visant un financement triennal.

D’entrée de jeux un juge romand, observe que le TF ne doit pas entrer en matière puisque la loi a pris fin le 31 décembre à minuit en l’an 2016. Et que la longueur de notre argumentation est trop longue et responsable des trois ans écoulés entre notre recours et son jugement !? Il ajoute qu’il est par exemple illisible « écrit en petit caractère » ! On aurait pu espérer que ce juge, payé au bas mot un quart de million par année, s’achète des lunettes. Donc refus de discuter du fond de la question. Un juge suisse alémanique lui fait remarquer que le texte est peut-être difficile à lire, mais que le problème est évident. Une entité publique ne peut pas donner des millions à une fondation privée sans qu’elle ne garantisse des voies de droit en cas de refus d’une subvention.

Après 90 minutes de palabres et une interruption, l’entrée en matière est enfin acceptée.

On entendra ce curieux argument, toujours de la bouche d’une romande : où allons-nous si nous donnons des voies légales de recours à tous les bénéficiaires de subventions privées. Citant au passage les statuts de Cinéforom dont le financement est public, mais peut aussi récolter des dons. Ce juge n’a pas remarqué que Cinéforom n’avait jamais reçu de dons privés. Du reste en deux click elle aurait pu le vérifier, mais le tribunal est précisément situé à la rue Mon Repos et pas Mon Travail. On a aussi entendu : « On ne va pas changer la jurisprudence du TF pour le cinéma » !?

Je lis dans la presse du jour qu’en France les réalisatrices ne reçoivent que le 42% du salaire de leurs homologues masculins, à Cinéforom elles ne reçoivent que la moitié moins (Rapport d’activité 2016). Quel progrès. Si elles veulent contester cette discrimination auprès des tribunaux, je leur souhaite bonne chance, car la voie juridique indiquée par le président du TF pour faire valoir leurs droits est digne d’un chemin de croix, et dans un labyrinthe ! C’est par trois voix contre deux, après plus de trois heures de délibérations que le TF a rejeté notre plainte, il s’en est fallu d’un cheveu !

http://www.bger.ch/fr/press-news-2c_684_2015-t.pdf

C’était la guerre – les légionnaires suisses (2012)

guerres d’Indochine (1946-1954) et d’Algérie (1954-1962)

Les Suisses sont plus connus pour leurs «humanitaires » que leurs militaires. Plus de 3 000 Suisses se sont engagés dans la Légion étrangère française au cours des guerres d’Indochine et d’Algérie. Issus de milieux défavorisés, ils fuyaient la misère, leur pays ne leur offrait aucun avenir. Ils étaient le fer de lance de l’armée coloniale française. Aujourd’hui, ils parlent de leur vie de légionnaire, de leurs formateurs (souvent d’anciens SS). Ils décrivent ce qu’est la guerre avec son cortège de massacres, d’exécutions sommaires et de tortures.

Ces Suisses préfigurent les mercenaires employés aux quatre coins du globe dans des armées privées : Irak, Libye, etc.
Un film historique qui évoque le futur !

Durée 65 minutes 2012 -Scénario Gilles Perrault, réalisation Daniel
Künzi. Conseiller historique : Peter HUBER Translation: Mary Honderich